Le mouvement pour la science ouverte


  1. Dates-clés
  2. Introduction
  3. Une dynamique politique, scientifique et citoyenne
  4. Les avancées de la loi pour la République numérique
  5. L'émergence du plan national pour la science ouverte


 

Dates-clés

  • janvier 1991

    Archive ouverte arXiv (États-Unis)

    Archive ouverte arXiv (États-Unis)

    janvier 1, 1991
    À l’initiative individuelle de Paul Ginsparg, arXiv est une archive ouverte américaine de prépublications électroniques dans les domaines physique, astrophysique, puis mathématiques, informatique, sciences non linéaires et biologie quantitative. Une commodité numérique au service des chercheurs : on ne parlait pas encore de Science Ouverte. Archive Ouverte arXiv
  • janvier 2001

    Archive ouverte HAL (France)

    Archive ouverte HAL (France)

    janvier 1, 2001
    Archive ouverte française, développée par le CCSD, destinée au dépôt et à la diffusion d’articles scientifiques (publiés ou non) de thèses et d’autres objets. Cette archive pluridisciplinaire permet la diffusion des savoirs de l’ensemble de la communauté scientifique et universitaire françaises et la construction de nombreux services. Archive Ouverte Hal
  • février 2002

    L’initiative de Budapest (Hongrie)

    L’initiative de Budapest (Hongrie)

    février 14, 2002
    L’Initiative de Budapest pour l’accès ouvert (BOAI), signée par 16 personnalités, est une déclaration publique de principes relative au libre accès à la littérature de recherche. À l’occasion du 10e anniversaire de l’initiative, elle a été réaffirmée et complétée par une série de recommandations concrètes pour atteindre « le nouvel objectif..Lire la suite
  • janvier 2003

    Déclaration de Berlin (Allemagne)

    Déclaration de Berlin (Allemagne)

    janvier 10, 2003
    La Déclaration de Berlin élargit la notion du libre accès à toutes les œuvres et données, issues d’un travail de recherche, à tous les champs disciplinaires et au patrimoine culturel. Elle est signée par des institutions, dont le CNRS, plutôt que par des personnalités. Elle reprend les deux conditions définissant..Lire la suite
  • avril 2003

    Déclaration de Bethesda (Etat-Unis)

    Déclaration de Bethesda (Etat-Unis)

    avril 11, 2003
    La Déclaration définit deux conditions que doivent remplir les publications pour être en libre accès : un droit gratuit, irrévocable d’y accéder, de les copier, utiliser, distribuer et de réaliser des œuvres dérivées ; un dépôt dans une archive ouverte assurant le libre accès, l’interopérabilité et l’archivage à long terme...Lire la suite
  • décembre 2012

    Declaration on research assessment – DORA (San-Francisco)

    Declaration on research assessment – DORA (San-Francisco)

    décembre 16, 2012
    La Déclaration sur l’évaluation de la recherche affirme la nécessité de transformer les méthodes d’évaluation des résultats de la recherche scientifique. Il s’agit d’une initiative mondiale couvrant toutes les disciplines universitaires et tous les intervenants clés — agences de financement, établissements, éditeurs et chercheurs. Télécharger la « Déclaration on Research Assessment »..Lire la suite
  • janvier 2015

    Déclaration de La Haye (Pays-Bas)

    Déclaration de La Haye (Pays-Bas)

    janvier 1, 2015
    Le premier principe défendu par la Déclaration de La Haye est que : « La propriété intellectuelle n’a pas été conçue pour réglementer la libre circulation des faits, des données et des idées, mais elle a comme objectif clé de promouvoir les activités de recherche. » Télécharger la « Déclaration de..Lire la suite
  • avril 2015

    Manifeste de Leiden (Pays-Bas)

    Manifeste de Leiden (Pays-Bas)

    avril 23, 2015
    Le manifeste de Leiden propose un condensé des bonnes pratiques (sous la forme de dix principes) en matière d’évaluation de la recherche basée sur les indicateurs, afin que les chercheurs puissent demander des explications aux évaluateurs, et que les évaluateurs puissent interroger la pertinence de leurs indicateurs. Télécharger « le manifeste..Lire la suite
  • mars 2016

    Principes FAIR

    Principes FAIR

    mars 15, 2016
    Les principes FAIR sont un ensemble de principes directeurs pour gérer les données de la recherche visant à les rendre faciles à trouver, accessibles, interopérables et réutilisables par l’homme et la machine.   Télécharger « Principes FAIR »    
  • avril 2016

    Call for action on open science (Amsterdam)

    Call for action on open science (Amsterdam)

    avril 23, 2016
    Le plan d’action d’Amsterdam sur l’innovation en matière de science ouverte définit deux objectifs principaux : permettre l’accès libre et total, d’ici 2020, à toutes les publications scientifiques et rendre systématique la possibilité de partage et de réutilisation des données pour toutes les recherches financées par des fonds publics. Télécharger..Lire la suite
  • octobre 2016

    Loi pour une République numérique (France)

    Loi pour une République numérique (France)

    octobre 7, 2016
    En France, la loi pour une République numérique, inscrit le droit pour les auteurs de mettre à disposition gratuitement la version finale de leur manuscrit acceptée pour publication et la libre réutilisation des données scientifiques qu’ils produisent, dès lors que l’activité de recherche est financée au moins pour moitié par..Lire la suite
  • octobre 2017

    Appel de Jussieu (Paris)

    Appel de Jussieu (Paris)

    octobre 10, 2017
    Cet appel a été élaboré par un collectif français représentatif des chercheurs et des professionnels de l’édition scientifique regroupés notamment au sein des segments « open access » et « édition scientifique publique » de la BSN (Bibliothèque scientifique numérique). Il s’adresse aux communautés scientifiques et aux établissements de recherche..Lire la suite
  • juillet 2018

    Plan national pour la science ouverte (France)

    Plan national pour la science ouverte (France)

    juillet 4, 2018
    Le mouvement de la science ouverte vise à construire un écosystème dans lequel la science sera plus cumulative, plus fortement étayée par des données, plus transparente, plus rapide et d’accès universel. Ouvrir la science Le comité pour la science ouverte propose des orientations et instruit les sujets sur les questions..Lire la suite
  • septembre 2018

    Plan S (Europe)

    Plan S (Europe)

    septembre 4, 2018
    Le plan S acte l’obligation que les publications de recherches scientifiques, financées par des subventions publiques obtenus des organismes de financement nationaux et européens, soient publiées en libre accès dans des revues ou sur des plateformes à partir du 1er janvier 2020. Il est adossé à une coalition de financeurs..Lire la suite

Introduction

Les chercheurs emploient aujourd’hui les outils numériques dans toutes les facettes de leur activité. Ils innovent, développent de nouveaux outils, créent et gèrent des plateformes numériques ainsi que de précieuses données. Leurs publications sont nativement numériques.

Cependant, ces productions scientifiques numériques de la recherche sont souvent difficilement accessibles : ressources non-publiques ou non-documentées, nécessité d’être abonné ou d’avoir acheté la ressource, nécessité de s’identifier de manière variable selon la ressource, formats incompatibles voire incohérents etc. L’utilisation pleinement efficace du numérique est entravée. La science ouverte vise à corriger cette insuffisance.

La science ouverte favorise une approche transversale de l’accès au travail scientifique, des visées et du partage des résultats de la science mais aussi une nouvelle façon de faire de la science, en ouvrant les processus, les codes, les méthodes ou encore les protocoles. L’accès ouvert rend possible le mouvement de diffusion de la production scientifique sur internet. L’accès ouvert lève les barrières de l’accès en maintenant toutes les protections du droit d’auteur.

Aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire

Rapport commission européenne 2016

Une dynamique politique, scientifique et citoyenne

Il y a au moins trois bonnes raisons pour développer la science ouverte : une raison scientifique, une raison citoyenne et une raison économique, sociale et politique.

  • Le partage des connaissances scientifiques rend la recherche plus efficace, plus visible, moins redondante. L’utilisation de nouveaux outils, dérivés notamment des apprentissages de l’intelligence artificielle, conduit à une autre façon de faire de la recherche, plus transversale, facilitant l’interdisciplinarité.
  • La science ouverte modifie la façon dont la recherche s’inscrit dans la société en rétablissant la confiance entre le citoyen et le scientifique, et en permettant de renforcer l’intégrité scientifique. L’accessibilité entre de nombreux acteurs et de nombreuses disciplines facilite la réponse aux enjeux contemporains.
  • La publication des résultats scientifiques et le partage des données issues de recherches financées par des fonds publics en grande partie permet de reprendre le contrôle d’un système qui nous a échappé et qui est devenu financièrement insoutenable dans sa projection actuelle avec une augmentation constante de la production scientifique.

Les avancées de la loi pour la République numérique

La loi pour une République numérique a été promulguée le 7 octobre 2016. Elle prépare le pays aux enjeux de la transition numérique et de l’économie de demain. Elle promeut l’innovation et le développement de l’économie numérique, une société numérique ouverte, fiable et protectrice des droits des citoyens. Elle vise également à garantir l’accès de tous, dans tous les territoires, aux opportunités liées au numérique.

Elle devrait permettre d’accélérer et d’amplifier le partage des connaissances pour dynamiser le mouvement de science ouverte au niveau des données, des publications et de l’exploration.

Pour la science ouverte, la loi pour une République numérique favorise le libre accès aux publications scientifiques de la recherche publique, grâce au droit dévolu aux chercheurs de diffuser leurs articles après une courte période d’embargo de 6 à 12 mois, et ce quel que soit le contrat entre le chercheur et l’éditeur de la revue publiant l’article.

Plus généralement, elle vise le libre accès aux résultats des travaux de recherche publique et l’autorisation de la fouille de textes et de données. Les résultats de travaux de recherche financés à plus de 50 % par des fonds publics pourront être mis en ligne en libre accès par leurs auteurs, après une période d’embargo de 6 à 12 mois (6 mois pour les STM et 12 mois pour les SHS). Cette mesure facilitera la libre diffusion de résultats de recherche dont la diffusion était auparavant souvent restreinte et concentrée par les éditeurs. La loi autorise également la fouille de textes et de données en ligne, une pratique essentielle dans le cadre notamment de recherches en sciences humaines et sociales, pratique jusqu’ici interdite et qui doit nous permettre de rattraper notre retard sur la scène internationale sur ce sujet.


L’émergence du plan national pour la science ouverte

Le 4 juillet 2018, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et de l’innovation a annoncé le plan national pour la science ouverte qui comprend trois axes (publications, données, actions transverses) déclinés en neuf mesures.

Dans le même temps, un Comité pour la science ouverte (CoSO) présidé par le Directeur général de la recherche et de l’innovation, a été institué. Il se décline en quatre collèges : publication, données de la recherche, compétences et formation, Europe et international. Des chercheurs CNRS et des membres de la DIST sont présents dans tous les groupes et co-pilotent deux des quatre collèges.

Description du plan national pour la science ouverte

Orientation
  • 1er axe : généraliser l’accès ouvert aux publications
  • 2ème axe : structurer et ouvrir les données de la recherche
  • 3ème axe : s’inscrire dans une dynamique durable, européenne et internationale
Organisation

CoSO : comité pour la science ouverte
Le comité de pilotage de la science ouverte propose des orientations et instruit ses sujets sur les questions de la science ouverte, impulse et accompagne les actions associées dans une structure fluide, facilitant l’expression et la remontée des idées, engagements et contributions aux différents groupes de travail.

Description du comité
Le comité de pilotage de la science ouverte assure la mise en œuvre d’une politique de soutien à l’ouverture des publications et des données de la recherche. Le comité a pour missions :

  • D’assurer la mise en œuvre coordonnée, avec les opérateurs d’enseignement supérieur et de recherche, d’un plan national visant à ouvrir à tous les publications et les données de la recherche ;
  • De permettre le développement des compétences de la science ouverte dans la communauté scientifique ;
  • De coordonner l’action nationale dans le domaine de la science ouverte à l’échelle européenne et internationale ;
  • De définir les principes et les orientations concernant l’attribution de financements au fonds national pour la science ouverte et leur utilisation ;
  • De définir les principes et les orientations des négociations avec les principaux éditeurs de publications scientifiques ;
  • De proposer aux ministres chargés de la recherche et de l’enseignement supérieur et aux pouvoirs publics toute action susceptible de renforcer ou favoriser l’accès aux connaissances et aux données de la recherche.

Structuration du comité
Le comité pour la science ouverte est doté d’une instance de pilotage, le comité de pilotage de la science ouverte, et d’un secrétariat permanent pour assurer l’articulation entre le pilotage, les groupes et le forum. Le comité de pilotage de la science ouverte est présidé par le directeur général de la recherche et de l’innovation (DGRI).

  • Comité de pilotage de la science ouverte
  • Secrétariat permanent de la science ouverte (SPSO)
  • Collèges et groupes
  • Forum de la science ouverte
Communication

Télécharger le plan national pour la science ouverte